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L'essaimage
L'un : Tiens ! La loge de Jacques... ils essaiment ;
L'autre : Quoi ? Les vrais amis réunis ?
L'un : C'est ça. Les vrais amis réunis. Ils se
désunissent.
L'autre : Pas vrai ?
L'un : Si ! Les vrais... les vrais amis.
L'autre : Il y avait du tirage ?
L'un : Surtout du grattage ! A propos de démocratie :
suffrage républicain pour les uns, élection pour les autres.
L'autre : Ce n'est pas la même chose ?
L'un : Il y a élu et élu ! Il y a ceux qui sont
désignés par l'élection et ceux qui sont désignés pour l'élection.
L'autre : Oui, c'est comme pour le GADLU. Y'a ceux qui travaillent à sa
gloire...
L'un : et ceux qui travaillent à sa perte.
L'autre : L'essentiel est qu'on travaille ! Mais tout ça, c'est du tricotage.
L'un : Une maille à la croix, une maille à l'enfer.
L'autre : Et les anciens, dans tout ça ? Aurait-il été vain de faire la
grimace aux vieux singes ... Euh ! je veux dire... de faire ami grâce aux vieux sages ?
L'un : Les vieux sages ont quitté le navire ! Eux aussi
!
L'autre : Comme des rats avant le naufrage...?
L'un : Sauf qu'une partie de l'équipage, s'apprêtaient à les bouffer de rage.
L'autre : Comme en 69 ?
L'un : Non ! Comme en 70 ! En 69, c'est les chats qu'ils
ont bouffés !
Tous deux : Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
L'autre : Tu vois sortir cette plaisanterie devant des sœurs ?
L'un : Hélas non ! C'est bien pour cela que je plains
les FF des vrais amis réunis. Ils acceptent désormais de recevoir les SS !
L'autre : Évidemment, ça sera moins drôle.
L'un : Il y aura des compensations...
L'autre : Des flirts ?
L'un : Mais... flirter, est-ce aimer ?
L'autre : Essaimer...?
Tous deux : Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
L'autre : Au fait, pour essaimer... Ils étaient nombreux ?
L'un : Oui, nombreux à être déjà partis... C'est
pour ça qu'ils ont décidé de changer de rythme.
L'autre : Changer de rite ?
L'un : Non ! De rythme. Le rythme des départs... Il en
partait un à chaque tenue. Alors, du coup, ils sont tous partis !
L'autre : Eh ! S'ils l'ont choisi...
L'un : Ils n'ont pas eu le choix. C'était essaimer ou
laisser les frelons vider la ruche.
L'autre : Et comment vont-ils l'appeler, leur nouvelle ruche ?
L'un : Les vrais amis choisis.
L'autre : Et Paul, et Pierre ? Qu'ont-ils choisi eux ?
L'un : Tu parles des frelons ? Ils n'ont pas eu le choix. Ils sont
forcément restés aux vrais amis réunis, puisque les autres ont choisi de
partir entre amis plutôt que de rester réunis entre faux amis...
L'autre : Je ne te suis pas.
L'un : Pourquoi me suivrais-tu ? On n'essaime pas, nous
!
L'autre : Tu as raison. On s'aime trop, nous !
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LE FUNAMBULE
Monologue mimé, largement inspiré de Raymond Devos.
Le conteur peut être vêtu de collants du style boxe française, ou d'un tutu
de danseuse sur fil...
Il s'adresse à l'assistance:
Certains funambules font de la corde raide, d'autres de la
corde à noeuds ou du fil à plomb. Certains avancent sur le fil du rasoir,
d'autres au fil de l'eau. Moi, je fais dans la corde vocale. Le numéro que je vous présente ce soir,
est d'avancer sur le fil de la conversation.
(Un clown expert trace, sur le sol, le fil de la conversation.
Puis le conteur, tel un funambule, se positionne à une extrémité du fil).
Avant d'entamer la conversation, d'abord bien peser ses
mots, puis progresser mot à mot. Jamais un mot plus haut que l'autre (mimer),
éviter les mots de travers (mimer) : le moindre lapsus
serait fatal.
Ne pas non plus s'appuyer sur une simple supposition, ni se
laisser distraire par des jeux de mots; les mots pour rire, ça détourne la conversation... et
alors c'est le vide, le trou... on cherche ses mots mais il est trop
tard! (silence prolongé) Personne pour vous communiquer les mots ! Et je connais des
cirques écossais où si vous n'avez pas les mots, vous ne passez pas ! A moins
d'être un ancien... et d'être accepté.
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Une règle : malgré la hauteur du point de vue auquel on se
situe, conserver toujours la plus grande humilité. J'ai connu un funambule qui
faisait des mots " d'hauteur ". Eh bien un jour il est tombé de haut.
Ce fut son dernier mot !
On peut tout de même avancer parfois des idées, à mots
couverts, à mots feutrés, à demi mots. Mais il ne faut pas prendre les
mots pour des idées ! Ne jamais rien prendre au mot !
Dans un cirque romain, J'ai vu un funambule qui sortait des
mots latins et d'un motus vivendi faisait tout un laïus !
Mais rien ne vaut le cirque français... le moderne... Là,
vous pouvez avancer les grands mots, sous les vivats, les acclamations, la
batterie et les symbales... et les symboles...
(Recueillement, silence)
A présent, je vais exécuter pour vous le passage le plus
difficile et le plus périlleux : le passage sur la grille des mots croisés.
(Hésitation)
Un, verticalement, c'est le passage à l'équerre. (il l'exécute. ouais!
Applaudissements!)
Deux, horizontalement, après l'équerre c'est le passage à niveau. Là,
faîtes très attention ! un mot peut en cacher un autre...
Dans notre jargon de funambule, ce passage sur la
grille de mots croisés, on le nomme le passage mosaïque. Il m'a été enseigné par l'un
des plus grands du métier, qui y passait les yeux fermés.
Les exercices périlleux ne doivent cependant pas nous faire
manquer de prudence. Combien se sont mordus les doigts d'avoir lâché les mots
qui fâchent ! On les a pris au mot. Combien d'autres ont mis les pieds dans
l'inconnu, au risque de toucher à leur fin. Une fois, par exemple, après être
resté suspendu à un fil plusieurs jours sans manger, j'ai voulu connaître le
mot de la faim. Ah ! je n'ai pas eu le temps de mâcher mes mots ! Des
spectateurs furieux m'ont sifflé, m'ont lancé des gros mot, des mots gras, des
vilains mots. J'en ai perdu le fil de la conversation. Agacé, j'ai lâché le
mot de Cambronne, qui a coulé sur le fil... Je ne vous dis pas dans quelle
mouise je me suis retrouvé. J'ai failli glisser !
Une autre fois, (chanté): "dans
un cirque de forte taille, des spectateurs voulut me livrèrent bataille..." et
me mirent au défi de faire mon numéro à vélo. je les ai pris au mot et j'ai
fait mieux : j'ai fait le motard ! j'ai pris une moto. Hélas... (chanté) " un jeune morpion de
motocycliste, prenant mon fil pour une piste, dans un virage il dérapa et dans
la sciure il chuta..."
De profondis ! Morpionibus... Ah ! la la !
Alors sans un mot, je suis revenu sur mes propos.
Ce soir là le public est parti sans payer. J'ai du moi-même
me payer de mots.
Et j'ai maudit...
J'ai mots dits !
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"funambule"
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LES BLEUS
Ah ! Les loges bleues !
Toujours prêtes à chercher querelle aux ateliers supérieurs ! Jaloux,
va ! Eh bien oui, j'y suis, moi, dans les ateliers supérieurs. Je m'en
vante pas, je viens pas la ramener... d'ailleurs, pour pas paraître
plus supérieur que je ne suis, j'y vais plus en loge bleue ! Je hais
les loges bleues !
Le coup de l'éternel
apprenti, on me le fait plus !
Ah ! Les ateliers
supérieurs... ! Vous voulez que je vous dise ? Je vous parlerai que de
l'écossais, l'ancien, le seul qui m'ait accepté... J'ai bien été
tenté par le Français, mais ils n'ont que 5 ordres... Tandis qu'à
l'écossais, 33 grades, c'est que'que chose !
Y'avait bien l'Égyptien avec
ses 99 degrés... Mais à l'allure d'un degré par an, je n'aurais
jamais eu la patience d'arriver jusqu'au dernier... Le dernier, vous le
connaissez ?... le Grand Hiérophante ! (J'ai un copain qui a écrit
là-dessus... à lire !)
Je disais donc que dans les
Hauts Grades, ceux que j'ai choisi... enfin... ceux qui m'ont accepté,
je suis presque arrivé en haut de l'échelle : chevalier Shadock ! Eh
bien j'ai décidé de ne plus en descendre, de l'échelle ! Je me pose.
Je m'arrête là : chevalier Shadock. Car il faut que vous sachiez qu'à
partir du Shadock, pour monter dans les grades du dessus, ceux qu'on
appelle les blancs, eh bien, il faut apprendre à redescendre. Eh oui !
Pour arriver tout en haut, il faut savoir régresser...
On me l'avait bien dit, le
jour de l'initiation, mais je voulais pas y croire.
En haut de l'échelle, donc,
il faut redescendre. Retour à la case départ, retour en enfance ! Vous
me direz, à leur âge, les Blancs, c'est inévitable qu'ils retournent
en enfance !
Sérénissime Grand Maître
au bleu...
Sénilissime Grand-père au
Blanc.
Y'a ka entendre, dans les
chaînes d'union des grades blancs, comme les maillons craquent,
grincent et s'entrechoquent... Y'en a qui disent que c'est à cause de
l'émulation, que des mauvaises langues traduisent par jalousie,
concurrence, convoitise, compétition, lutte pour le pompon mais ce sont
les mauvaises langues du Bleu qui disent ça ! Non la réalité est tout
autre, mais bien plus cruelle encore :
Au Bleu vous avez Anderson, au Blanc ils
ont Parkinson !
Vous connaissez tous,
évidemment, cette devinette affligeante dont se gobergent les Bleus
:
- Qu'est-ce qui est rond, blanc, et qui sent le pipi... ?
- Une chaîne d'Union au Suprême Conseil !
Eh bien c'est que de la
méchanceté... ! ça ne sent pas le pipi chez les Blancs ! Pourquoi ?
Ils portent des bambinettes ! Et pourquoi ils portent des bambinettes,
les Blancs écossais ? C'est pas pour l'incontinence, c'est parce que la
bambinette est le parfait symbole de la régression, du retour à la
petite enfance, du retour dans le ventre de la mère... la régression
jusqu'au fœtus !
Visite l'intérieur de la
terre au Bleu ?
Visite l'intérieur de ta
mère au Blanc !
Et comment croyez vous
qu'ils visitent l'intérieur de leur mère, les Blancs ?
Vitriol au Bleu...
Le viol au Blanc !
On tue le père au Bleu... on
outrage la mère au Blanc ! C'est pourtant facile à comprendre, y a pas
besoin d'avoir lu Freud : les Bleus tuent le père. Les verts le
bouffent... (Au rectifié du moins !) Les Rouges le brûlent. Et les
Noirs veillent sur ses cendres.
Alors que reste-t-il aux
Blancs ? Que reste-t-il aux Blancs après qu'ils aient réduit leur
père en cendres ? Vous l'avez compris ! Il leur reste leur mère : la
mère... Jocaste... la Veuve... Eh oui ! la Veuve !
D'où pensiez-vous que
nous sortions, nous, les enfants de la Veuve ?
Du ventre de la mère
engrossée par ses enfants blancs... Nous sommes les fruits d'Écossais
blancs incestueux !
Comme on dit à Marseille
: quel pastis !
Eh oui ! Nos frères Blancs
sont nos pères !
Et le pastis Pernod fils... !
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LE SECRET
(Il entre sur scène)
" Visite l'intérieur de la terre, ils m'ont dit, et tu trouveras
la pierre cachée des Sages !
J'ai fouillé, j'ai gratté, j'ai tiré... Grattage, tirage, la pierre
cachée des sages ? Mon œil ! Grattage et tirage sont les mamelles de
l'essaimage !
Mamelle, c'est pas le mot ! Je dirais pis encore : Grattage et tirage
sont les maux de l'essaimage !
Les mots de l'essaimage, ils riment avec chipotage, brouillage,
grippage, cafouillage... dégage !
Maudis soient les mots qui essaiment...
Ne maudis jamais, m'a dit mon Second Surveillant. (Il réfléchit)
A moins qu'il m'ait dit : jamais ne dis mot !... Ça remonte à mon
apprentissage...
Ne rien maudire ! (Il pose son index sur la bouche)
Ne rien mot dire... N'est-ce pas ça, la voie du secret maçonnique
? La voix... (Il vocalise :) Ah Ah Ah... Vous l'entendez, vous, la voix
du secret maçonnique ? (Cachée la voix... cachée la voix...
(Chanté à la manière de Patrick Bruel)
Le secret maçonnique, notre secret, justement, parlons-en ! (Il
met sa main en cornet sur la bouche, comme pour dire un secret) Nous
sommes presque à couvert, il ne pleut presque pas, et l'ondée est si
douce qui perle sur la mousse que la parole, émue, ne sera pas
perdue... c'est de la poésie ! Qu'est-ce que ça vient faire là ? Rien
! C'est juste pour égarer les béotiens qui tenteraient de saisir entre
nos mots notre secret.
Le secret maçonnique, c'est le seul truc qui nous met, nous, les
maçons, à l'abri du monde, c'est le rempart qui nous met à distance
égale des savants et des sots, des profs et des ânes...
Eh bien je vous dirai franchement, s'il m'est permis d'être franc...
franc tout court... que je n'y entends rien, moi, au secret maçonnique.
On m'en parle, mais je ne l'entends pas. Et si je ne l'entends pas,
comment m'en ferais-je l'écho ?
Faute d'en faire l'écho... si nous en faisions l'éco-nomie, une bonne
fois pour toutes, du secret maçonnique ? Juré ! On se cache plus. On
dit tout ! Finies les indiscrétions maladroites du genre : (à
compléter) Plus de risque d'avoir la gorge coupée ou la langue
arrachée. Finies les parties de baby foot ! (Il fait le geste, de la
main droite, de manipuler la poignée d'un baby-foot).
(Il s'adresse à un jeune frère :) Tu es trop jeune, mon F ,
pour avoir connu le temps des baby-foot... mais tu as connu les flippers
! (Il fait le geste d'actionner les flippers avec les majeurs de ses
deux mains) Certes, c'est pas un geste très maçonnique, ça... tu
nous vois faire ça pour se reconnaître, nous les sans grade... ? Parce
qu'il faut vous dire que dans les Hauts Grades, c'est classique ! (Il
refait le geste précédent tout en déclarant :)
- Tu vas voir où il peut s'le mettre, son trentième, çui-là !
Finissons en donc avec le secret...
Prêtez attention mes SS et mes FF . Je vais le dire, notre fameux
secret. Soyez prêt à l'entendre !
Le secret maçonnique, c'est... c'est... comment vous dire...
- Eh bien moi, je vais vous le dire... (Ceci dit en imitant le tic de
Sarkozy de hausser l'épaule gauche, et si possible en imitant sa voix) Je
vais vous le dire ce que c'est, le secret maçonnique, parce que je
pense, moi, que la maçonnerie n'a pas pour vocation de recueillir tous
les secrets du monde !
Hein ? Vous pensiez que j'allais le dévoiler, le secret ?
Désolé ! Pour le dévoiler, le secret, il faudrait d'abord que je le
connaisse...
Je ne sais pas vous, mais moi... ils me l'ont jamais dit le secret ! (Il
réfléchit) si bien que je me demande s'il existe vraiment ce
secret, si ce n'est pas plutôt une grosse ficelle pour attraper les
gogos. C'est vrai, non ? Si on avait un secret, ça se saurait ! Et
puis, dîtes moi, est-ce qu'on aurait été capable, en plus de deux
siècles d'existence de la maçonnerie masculine, de cacher un secret ?
Je ne parle évidemment que de la maçonnerie masculine ! Car garder un
secret dans la maçonnerie féminine...!
Pour moi, y'a pas de secret. Seulement voilà, si les autres le
savaient, que nous n'avons pas de secret, imaginez de quoi on aurait
l'air !
Alors le vrai secret, je vais quand même vous le dire : Le secret,
c'est de garder secret que nous n'avons pas de secret... Sinon, on
perdrait la figure !
Ils nous disent que nous sommes tenus au secret ? Foutaises ! C'est
le secret qui nous tient ! Ils le savent bien, ça, les 33ème ! C'est
eux qui le tiennent, le secret ! Et ils ne veulent pas le partager.
Moi je dis qu'on pourrait le leur extorquer... nous, les Bleus, les
sans-grades... On pourrait attendre un de ces masques, un soir à
minuit, dans un recoin d'atelier... Les masques ...? Ce sont les Membre
Actifs du Suprême Conseil ! - Tu me dis ton secret ou je t'estourbis !
S'il ne veut pas le donner, on le fracasse, pour l'exemple. On
l'ensevelit, et on plante une croix sur son tertre. "Ci-gît un
masque démasqué !" Ensuite, on invente une légende : on fait
croire aux autres qu'il a tout balancé... Reste à inventer un
secret... il serait faux, bien sûr... Faut pas qu'on ait l'air idiots !
Ce serait un secret si absurde que personne ne pourrait le comprendre...
un secret sorti de notre cuisine maçonnique... c'est ça, de notre
cuisine... tenez... le secret d'une recette... Que diriez-vous par
exemple de celle-ci, l'Osso Bouco ? Le secret de la recette de l'Osso
bucco... " La chair est cuite avec les os " !
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LE FOU
(Il s'avance vers le Public, 3 pas les pieds en équerre, le bras
droit levé au ciel, l'index tendu, puis l'abaisse vers la terre. Il met
son index en évidence et dirige lentement son bras vers sa droite, vers
le haut, comme pour désigner la lune. Il sourit :)
Les imbéciles regardent le doigt... (à dire si possible avec
l'accent chinois)
(Il lève les yeux vers son index). De deux choses lune... (Il
abaisse son bras droit et lève le bras gauche dans la direction
opposée :) ... l'autre est le soleil ! (Il ramène son
bras et désigne un pavé mosaïque imaginaire.)
Sous le pavé, la plage !
Ah ! Le pavé. Moi j'ai connu un fou qui l'a foulé !
Faut être fou pour fouler le pavé !
Et sur les colonnes, j'ai vu exploser les gonades... tellement que le
fou leur avait foutu les boules...!
Explosion de rire!... ça va de soi... mais d'un rire jaune, jaune comme
le jaune d'un œuf primordial qu'un fou aurait cassé sur le tapis de
loge... une vraie omelette... un vrai champ de bataille ! (Il
s'avance en décollant les pieds du sol comme s'ils étaient pris dans
l'omelette...) Et ça fait des grands Schlouf... et ça fait des
grands Schlouf... car dans ces champs là, Monsieur, on ne marche pas,
on ne marche pas, on compte...
On compte les points, on compte les boules, les blanches et les noires,
on compte les ans : 3, 5, 7, 7 et... C'est assez ! s'est alors mise à
hurler la Tradition par le fou écorchée : Hou... Hou... Hou... !
Quel bordel il a mis, le fou, dans l'athanor...
Des rayons, on a vu dégringoler les fioles de Vitriol. Les métaux se
ramassaient en riant. alors on a vu débouler les Inspecteurs et les
Inspectrices, les Enquêteurs et les Quêteuses, les Érecteurs et les
Recteuses, les Dissimulateurs et les Simulatricres, les Émulateurs et
les Emulatrices, les Écosseurs et les Ecosseuses, les Esbroufeurs et
les sbroufeuses, les Pointeurs et les Pointeuses, les Tireurs et les
Tireuses, les Gratteurs et les Gratteuses, les Suceurs et les Suceuses,
les Allumeurs et les Allumeuses, les Eteigneurs et les Teigneuses, les
Redresseurs... Oui, parité oblige, je vous le dris, y'avait même drés
Sœurs !
Et depuis, dans l'atelier, depuis qu'un fou en a foulé le pavé,
tous les pilleurs et les pieuses, tous ces enfants goinfrés de la veuve
se gobergent à présent dans les troncs... Dans "les troncs !"
Pas dans l'étron... pas caca, grôsse commizion... Non ! Les troncs de
la Veuve ! Ils tapent dans la caisse, quoi ! A nous les grosses
capitations !
Et tout ceci sous l'œil de l'apprenti muet et circonspect.
Circons...pect !
Pet ! C'est tout, me direz-vous, ce qu'on lui permet de laisser
échapper, à l'apprenti : un pet.
Tout ce pet pour un fou !
Je vous l'ai dit... Vous ne re-pèterez pas !
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